Polaroïds d'après Saisons

2016

Un des aspects les plus marquants, à mon sens, des Saisons de François Jacqmin est le rapport à la temporalité: en une myriade d’instantanés, d’impressions, de sensations souvent infimes, d’événements minuscules, une temporalité granulaire se met en place. Comme les innombrables grains de poussière en lévitation dans l’air, notre imaginaire, nos sens sont mis en éveil par la danse particulière d’une image, d’un mot, mais aussi par celle, complexe, qui se noue entre les différents éléments; puis l’on se rend compte que c’est l’air qui danse, lui, l’invisible…Puis le mouvement nous ramène au particulier, et la ronde continue, sans fin. Ce déploiement exige un temps large, et le sujet est ici structurellement parfait.

Dans mon approche, j’ai tenté d’appréhender l’infime, l’instant, parfois juste un mot ou une image en un Polaroïd aux couleurs parfois saturées, parfois lavées. Les voici épinglés, avec volontairement du vide à parcourir entre eux; qui sait, sans doute l’album un jour s’élargira-t-il, réduisant l’espace à parcourir de l’un à l’autre?

Compositeur(s)
Instruments
Clarinette Sib
Clarinette basse
Voix de soprano
Durée
16' ca
Effectif
clarinette (sib et basse) et voix