Quintette pour clarinette et cordes

Sous titre
(Version de concert - Concert version)
Catégorie
Musique de chambre sans direction
1999
Compositeur(s)
Instruments
Clarinette Sib
Violon
Violon
Violon alto
Violoncelle
Numéro
1
Durée
10 min.
Effectif

Clarinette en sib (+ Cl. basse) 2vln Vla Vlc

Comment

Création : Quatuor Danel et J-M. Charlier, 19.03.99 Théâtre Marni, Bruxelles, Festival Ars Musica

Date de création
Program

Quintette pour clarinette et cordes (1998-1999)

Cette pièce a été écrite préalablement pour accompagner un film muet de 1914 intitulé Amore pedestre et réalisé par  Marcel Fabre. La création a eu lieu dans le cadre d’une soirée « Musique et Cinéma » organisée en avril 1998 par la Société Philharmonique de Bruxelles et la Cinémathèque Royale de Belgique qui avaient passé commande à plusieurs compositeurs belges pour l’occasion. L’ensemble Ictus jouait live  les œuvres pendant que les courts métrages étaient projetés.

Au moment de la composition de cette musique, je prévoyais une exécution possible indépendamment du film.
En effet, ce travail me permettait de réfléchir autour de la question cruciale, selon moi, de la fonctionnalité dans la musique aujourd’hui.

La musique pure peut-elle être fonctionnelle? Qu’est-ce que la fonctionnalité engendre comme potentialités stylistiques? Quelles sont les limites de l’hétérogénéité du style, dans une «musique d’accompagnement »? Une musique fonctionnelle peut-elle vivre sans son support?

Ces questions m’ont conduit à choisir de travailler sur un film purement narratif.
Amore pedestre met en scène le trio amoureux habituel: la femme, l’amant et le mari jaloux! Le sujet serait banal s’il n’y avait un élément déterminant dans la mise en scène: durant tout le court métrage, le spectateur ne voit que les pieds des personnages. Il reconstitue lui-même l’action et la psychologie de ceux-ci.
Cette forme de décalage par rapport à la réalité m’offrait une variabilité de degrés de proximité à l’image. Certains passages de cette musique sont narratifs et renforcent en quelque sorte le sens émasculé de certaines séquences du film. Au contraire, à d’autres moments, la musique adopte une attitude plus lâche, laissant la reconstitution entièrement à charge du spectateur-auditeur. Dans ces passages, la musique prend alors une fonction beaucoup plus formelle. Elle relie différentes séquences du film dont le découpage est rythmé de manière rigoureuse et sans aucun doute prédéterminé par Marcel Fabre. La musique tisse donc également une toile de fond, un décor, pour alléger certaines ruptures dans le film ou proposer une perspective différente.

Pour ce faire, j’ai utilisé une formation instrumentale traditionnelle: un quintette pour cordes et clarinette. Par nature, celle-ci implique des sonorités quelque peu « bourgeoises » en rapport avec le sujet du film et du caractère des protagonistes!

Pour que cette musique puisse avoir une vie autonome, il fallait cependant réaliser quelques aménagements. Certaines idées ont été développées, certains passages trop anecdotiques supprimés pour que la forme soit valide par elle-même. L’œuvre est donc sensiblement plus longue que la première mouture.
La structure de la nouvelle version reste cependant pensée de manière exogène puisqu’elle s’appuie en partie sur des éléments purement narratifs.

Ce quintette tente donc une conjonction entre une rhétorique ayant un sens par elle-même - puisque déterminée par l’action d’un film et le caractère de ses personnages - et un travail plus organique -donc plus abstrait - dans lequel des éléments sont appelés à se développer, se recycler ou se reproduire.

L’œuvre, enregistrée par le quatuor Danel et Jean-Michel Charlier,  figure sur un Cd mongraphique (Cyprès-CYP4613)

Benoît Mernier

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